Roc et gravillon

Bonjour à tous,

Pour ceux d’entre vous qui fréquentent les paddocks de la Lamera Cup vous aurez peut être reconnu dans ce titre le surnom amical donné à 2 mécaniciens de chez nos amis et concurrents de CTF.

Lors du dernier weekend de course les protagonistes importants ont bien été roc et gravillon, ceux de chez CTF et les autres….

Mais tout d’abord une mise en place de la situation.

Le circuit du Val de Vienne est situé au centre de la France, c’est une piste “à l’ancienne” pas aseptisée par des chicanes ridicules telles que celle que nous avons pu tester à Barcelone jeudi lors des essais de la Lamera dans une version qui pourrait être celle des 24H Series.

La piste propose donc des virages en aveugle, des bacs à graviers proches de la piste et profonds et des zones de dégagement…limitées, ce qui promet une course tendue et avec de multiples rebondissements.

Dès le début de essais libres le ton est donné, la 67 part au bac dans son 1° tour, puis dès qu’elle reprend la piste, au fur et à mesure de la journée il y a de plus en plus de sorties et lorsque les voitures peuvent rejoindre la piste par leurs propres moyens elle ramènent BEAUCOUP de graviers sur la piste.

A tel point qu’a 25 minutes de la fin de la session la direction de course décide d’écourter la session de 20 minutes pour pouvoir nettoyer la piste en vue des essais chronos.

Le circuit étant nettoyé nous entamons les qualifs avec un pilote qui n’a jamais roulé sur le circuit et un pilote qui n’a jamais roulé dans la voiture…

Nous passons en superpole, les 9 premiers sont dans la même seconde et nous nous classons 6°, sans regrets car la pole était inaccessible vu que Emmanuel Orgeval à fait sa 3° (et dernière) pole de l’année avec un temps intouchable de 1.49.0

Le lendemain matin au départ de la course la 20 de Manu Orgeval doit partir des stands car un problème de boite de vitesse l’empêche de se mettre en grille mais cela semble donner des ailes à “manu” qui fait un tour en course en 47.8 soit 1.2 plus vite que la pole…mème Hamilton ne peut pas en dire autant 🙂

De notre coté Chris prend un départ prudent comme prévu et nous passons de 6° à 9° à la fin du premier relais, Nicolas et Olivier prennent la suite, nous remontons tranquillement à la 4° place à 30s de la tête quand soudain Nicolas perd l’arrière de l’auto dans un droite, tête à queue, le paquet passe et nous perdons 1 minute a repartir, un avertissement pour un dépassement sous drapeau jaune alors que le pilote de la 7 que nous doublons se jette pratiquement dans le bac, un passage dans la voie des stands et nous voila à 1 tour en P6.

Pendant ce temps la nos amis roc et gravillon extraient leurs cousins caillou et gravier qui sont rentrés dans la 27 suite aux incursions dans les abords du circuit pendant que leur 2° auto, la 18, en catégorie gentleman poursuit son bonhomme de chemin….à suivre.

Nous stabilisons notre position et notre écart en P6 en attendant que nos concurrents au championnat (la 25, la 19 et la 5 devant nous, la 1 et la 20 juste derrière nous) aient leur part de malchance…

La 20 après une folle remontée percute la 29 en lui prenant un n-ième tour et doit passer plus d’une heure aux stands pour ressouder le châssis avant de repartir, la 1 casse transmission sur transmission et la 19 doit rentrer car son capot avant s’est arraché suite à un contact avec un attardé.

Le malheur des uns…atténuant notre malheur nous commençons a reprendre espoir quand soudain Olivier rentre au stand, transmission cassée….nous constatons qu’un caillou à percé le soufflet, la graisse chauffée à 210-220° est tellement liquide qu’avec la force centrifuge elle est expulsée et lorsqu’elle est partie la tête de cardan fond (littéralement) et lorsque nous démontons le tout le métal est au rouge.

Nos mécanos réalisent l’exploit de changer la transmission en 7 minutes et Olivier peut repartir en ayant perdu 4 tours…la malédiction de roc et gravillon se confirme.

Nous sommes 11°, les relais s’enchainent, notre méthode de ravitaillement porte ses fruits les pilotes sont concentrés et roulent sans faire de fautes et nous remontons, 10, 9, 8, 7 puis 6° à 1h de la fin de la course.

En tête la 6 de chez Ohres se promène, ils ont décidé de ne pas inonder leur électronique embarquée cette fois et l’auto marche bien mieux, la 25 qui mène au championnat est 2° et la 5 qui est également devant nous est en 3° position, les 2 RKM la 32 et la 34 complètent le top 5, nous sommes à 2 tours de la 34 et l’affaire parait mal engagée.

Suite à la 449° sortie de piste du weekend un nouveau Safety car nous permet de gagner presque un tour sur la 34, nous nous dédoublons, puis un autre Safety car nous fait revenir à 1m15 de la 34, Nicolas et Olivier se déchainent et reprennent en moyenne 4s à la 34, Nicolas rentre à la fin de son relais et quand Olivier sort des stands il est à 2s de la 34 qu’il dépasse immédiatement.

Nous voila 5°, à 2 tours de la 32, à 3 de la 25 et à 4 de la 5 et la 6 qui est toujours en tète.

Soudain la 25 ne passe plus, elle est au stand, le dernier caillou du weekend leur à fait sauter la distribution et ils doivent réparer.

Nous indiquons à Olivier dans l’auto qu’il il est à 3 tours, puis 2, puis 1, puis 0 et comme la 25 ne repart toujours pas nous voila 4° à 2 tours de la 32.

Le soulagement est perceptible chez nous, même s’il est du à la malchance de nos concurrents, après tout sans notre caillou dans la transmission nous serions en tête, mais comme le dit tout le monde chez TTM, avec des si….on coupe du bois

Les mécanos de la 25 font un travail remarquable et elle repart 30 minutes plus tard pour passer la ligne et être classée, Chris reprend le volant pour le dernier relais, il contrôle parfaitement le retour de la 34  et nous passons la ligne en 4° position, ce qui est une fois de plus frustrant au vu de notre rythme, mais les problèmes de la 19, de la 25, de la 1 et de la 20 nous font paradoxalement gagner du terrain au championnat, les 4 premiers se resserrent et avec les 2 dernières courses qui comptent double cela nous promet une fin de saison passionnante.

Pendant ce temps la roc et gravillon tremblent pour la 18 qui est passée en tête de la catégorie Gentlemen mais la 36 revient rapidement, tellement rapidement que dans la dernier tour elle percute violemment la 18, lui casse une transmission mais arrache sa roue dans l’opération, roc et gravillon peuvent souffler en voyant la 18 passer la ligne en 6° position au général et en 1° place en Gentleman.

Un grand bravo à nos mécanos pour la transmission en 7 minutes, aux mécanos de la 25 pour la distribution en 30 minutes, notre caillou est tombé au moins mauvais endroit que le leur, nous espérons bien qu’a Jarama nous les battrons…sans caillou…

Bonne journée