Les 3 saisons de Nogaro

Bonjour à tous,

Selon que vous soyez plus classique ou plus éclectique ce titre vous rappellera Vivaldi ou Espigoule, il s’applique pourtant bien au dernier weekend de course qui s’est déroulé à Nogaro.

Le vendredi suite à la reprise par TTM de la journée de test normalement organisée par Ayari Track Experience nous avons eu le printemps.

Printemps dans le ciel avec une météo claire et fraîche idéale pour l’auto et pour notre nouveau pilote, Jean-Marc Casals, qui après avoir fait plusieurs saisons en Mitjet et un roulage avec nous en Mars dernier au Castellet nous fait le plaisir de nous rejoindre pour au moins 2 courses cette saison.

Il redécouvre la 12 qui a évolué depuis le Castellet, les tours s’enchaînent sans problèmes, pendant ce temps nous devons installer un nouveau système d’actionneur de boite de vitesse sur la 31 suite aux problèmes rencontrés à Barcelone.

Les séquelles de l’incendie de TTM en Février se font toujours sentir, les stocks de pièces détachées sont à peine reconstitués et tout se fait en flux hyper tendu avec les fournisseurs, une pièce du nouvel actionneur doit arriver vendredi “vers midi”, nous commençons le montage et attendons la pièce.

Nicolas doit nous rejoindre pour le roulage d’après-midi pour tester et valider ce système, nous avons donc un peu de temps devant nous.

Eric nous rejoindra pour compléter le roulage sur la 12 en milieu d’après-midi.

Pendant ce temps la nos voisins de Tech-Drive finissent de construire leur nouvelle auto, la 38 dont le châssis leur a été livré dans la semaine, la 33 de chez RKM est prête et nous voyons arriver avec plaisir les nouvelles autos 2016 qui vont commencer à remplacer celles qui ont été détruites par le feu.

Même si tout le monde y met du sien jusqu’à minuit et bien que les techniciens de XAP qui fabriquent le faisceau et une bonne partie de l’électronique de l’auto aient fait le déplacement nous ne parviendrons pas à faire fonctionner l’actionneur de BV, les limites du flux hyper tendu se montrent et à 3h du matin nos voisins renoncent à finir la 38 et feront rouler l’équipage dans la 24 qu’ils ont eu la bonne idée d’amener en cas de problème.

Jean-Marc et Eric ont pu toutefois faire leur programme de roulage, Nicolas a fait quelques tours dans la 31 pour valider un réglage et tout le monde aborde la journée du samedi avec confiance. Michael Odille, le sympathique propriétaire de la 4 qui n’a pas pu être prête a temps nous a rejoint pour ce weekend dans la 12 et tout le monde est optimiste pour le lendemain.

Le samedi sera l’été, grand soleil, 31°, les autos vont souffrir par cette chaleur.

Les chronos du matin donnent les résultats anticipés, la 31 se classe 4° et 3°, la 12 est 10° et mis à part le temps surprenant de la 67 dans la 2° session qui met 2s à l’ensemble du plateau tout le monde est plus ou moins à sa place, de toute façon sur une course d’endurance le résultat ne se fait pas au premier virage…

La course du samedi après-midi démarre, au premier relais la direction de course nous informe que nous pouvons retirer le pare choc arrière pour cette course afin de faciliter le refroidissement des moteurs dont la température d’eau oscille entre 99 et 101.

La course se déroule tranquillement dans la 12 qui remonte régulièrement ses concurrents, 10, 9, 8, 7 et qui finira 6° sans aucun problème. Tous les pilotes remplissent parfaitement leur rôle et font une course sage, sans sortie et sans heurts. Ils sont récompensés de leur fiabilité avec une belle 6° place. Certains concurrents ont de gros problèmes moteur, sans doute sont ils moins prudents que nous dans leurs réglages et la soirée de samedi sera placée sous le signe du remplacement de certains blocs….

La 31 de son coté est placée en embuscade en 2° position derrière la 1, au gré des ravitaillements et des dépassement d’attardés nous remontons à 15 secondes et à 10 tours de la fin un safety-car vient resserrer tout le paquet.

La 1 est en tête, elle est suivie par la 26 pilotée par un équipage composé d’Arnaud Tsamere, Christophe Dechavanne et Thierry Soave tout en étant à plusieurs tours et nous sommes derrière.

Relance du safety, la 1 prend un bel envol avec 3s sur la 26, Philippe Marie qui est dans notre auto enrage de ne pouvoir doubler la 26 avant la ligne de relance, il se fait bloquer par la 26 et soudain en tentant un extérieur osé dans l’escargot de Caupenne il mord l’extérieur de la piste, traverse un bac à graviers, perce le radiateur !!!

Il rentre au stand, il reste 8 minutes de course, nous DEVONS passer la ligne sur la piste sinon nous serons classés après toutes les voitures passant la ligne, nous attendons 4 minutes et renvoyons l’auto en piste sans eau, en 3° vitesse à 2000 tours pour ne pas (trop) abîmer le moteur.

Le tour suivant est TRES stressant pour l’équipe, Nico regarde la température et la pression d’huile pendant tout le tour, nous devons ralentir encore plus pour laisser passer la 1 qui prend le damier, nous passons 15 secondes après la 1, nous garons immédiatement après la ligne et prenons une 4° place qui nous aurait tellement déçu 15 minutes plus tôt mais qui nous plait après avoir vu rentrer l’auto avec un radiateur explosé.

L’auto rentrer finalement aux stands, nous remplaçons le radiateur, démarrons le moteur, vérifions la pression et la température, ouf, tout va bien, le moteur n’a pas souffert…

Après cette journée d’été nous passerons directement à l’hiver sans passer par la case automne, et sans toucher 20 000.

Le lendemain matin, 11°, pluie battante, les pilotes de la 12 sont nettement moins confiants que la veille, du coté de la 31 les visages sont plus optimistes en se disant que plus la course est dure, plus cela est bon pour la 31.

Départ de la 2° course sous safety car, la 67 qui avait fait une pole extraordinaire la veille part en tête, au bout de 3 tours et 2 sorties elle se retrouve 5°, aller vite c’est bien, aller loin c’est mieux….

Dans la 12 après un premier relais sans problèmes de Eric, Michael prend le volant et rentre au bout de quelques tours avec la boite bloquée, la rotule de vérin à cassé, nous remplaçons le tout et repartons en 15 minutes, la course de la 12 est déjà terminée au bout de 9 tours, c’est rageant mais les pilotes relèvent ce défi et font une course sage sur la pluie ou ils reprendront 2 places pour finir 18°.

Dans la 31 nous sommes comme d’habitude à notre place de chasseur, départ 6°, au bout de 2 tours nous sommes 3°, le sélecteur de boite se bloque, Olivier repasse dans les stands et ça se débloque à l’entrée des stands, 40 secondes perdues et nous retombons 8°, comme souvent la malchance du début de course va nous forcer à cravacher pendant 3 heures….

Nous remontons 6° et restons à cette place pendant 1 heure, puis nous finirons 5° en pestant contre ce sélecteur de boite que nous devions remplacer vendredi.

Le départ de la dernière course sera fera après seulement 1 heure de contrôle sur les autos, nous vérifions le boitier de la boite et repartons.

La 31 doit repasser une fois de plus par les stands au bout d’un tour pour un pare brise embué, le pare brise chauffant ne fonctionne pas correctement, au même moment dans la 12 Michael fait un tête à queue et se bloque a cheval sur la piste et dans un bac, la dépanneuse arrive, safety car, la 31 repart et se trouve bloquée derrière la 23 dont le pilote (les avis divergent quand à cette appellation) est incapable de rattraper le safety car qui est une…..clio. Il laisse un trou de 50 secondes entre la fin du paquet d’autos derrière le safety car et son bolide….inutile de vous dire que les noms d’oiseaux fusent à son encontre et que j’aurai une conversation animée avec lui quand il sortira de la voiture 5 tours plus tard :

“Pourquoi tu n’as pas rattrapé le safety car ?”

“Je ne pouvais pas”

“Tu es dans une Lamera et tu ne peux pas rattraper une clio ?”

“Ben euuuuu….”

Une fois de plus, la 31 subit un handicap de temps et devra cravacher toute la course pour refaire son retard.

La pluie s’arrête, repart, s’arrête à nouveau, reprend de plus belle, enfin bref pour les plus anciens d’entre vous on se croirait à Donington en 93

La 31, occupe une misérable 19° place après 1 tour de course, vu que la 12 est 20° et dernière, nous pensons a retourner les télés pour voir les autos de H-Racing en haut de l’écran.

La 12 repart après un rapide contrôle, tout va bien, elle finira 14° en ayant repris 2 tours aux voitures devant elle, la pluie ne convient pas aux pilotes, Jean-Marc s’en sort bien en prenant ses marques et en allant de plus en plus vite, Eric et Michael souffrent plus et nous devrons trouver des réglages plus adaptés à la pluie.

La 31 commence une remontée infernale, sous la pluie, sous le sec, en 30 tours nous passons d’avant dernier à 4°, 20 tours plus tard nous voila 3°, encore 20 tours plus tard nous passons 2° le rythme est infernal, la piste sèche, nous essayons de modifier les pressions de pneus pour recoller à la 1, la dernière averse à 25 minutes de la fin de la course surprend Daniel Jaubert dans la 1 qui n’aime pas beaucoup ça, nous revenons de 1.5s par tour et à 5 tours de la fin lors du dernier ravitaillement nous passons en tête en doublant la 1 dans les stands !!!!

Mais un safety car intervient quand nous ressortons des stands, pendant ce temps la piste sèche, la 32 passe au stand pendant le safety et à donc tout le temps nécessaire pour passer en réglages “sec” et quand elle repart elle est la seule auto prête aux nouvelles conditions de piste.

Nous sommes réglés “max pluie”, Nicolas dans l’auto ne peut rien faire et se fait doubler par la 1 et même par la 32 qui roule 4s plus vite que tout le monde, nous ne pouvons pas nous mêler à la dernière lutte entre la 1 et la 32, il reste 3 tours et la 32 viendra finir a 5 secondes de la 1.

Nous terminons 3°, en repartant avant dernier le résultat est satisfaisant mais la frustration est toujours présente.

Le podium sera présenté et animé par Christophe Dechavanne qui malgré une sortie de route dans la ligne droite suite à un aquaplaning n’a rien perdu de son talent d’animateur, la bonne humeur revient et tout le monde part en courant du podium quand la dernière averse trempe l’assistance.

La 12 a démontré ce weekend qu’elle est beaucoup plus performante sur le sec, nous allons devoir travailler pour adapter l’auto au gout des pilotes sous la pluie et les pilotes devront s’inspirer des conseils donnés par leurs collègues de la 31 qui n’ont pas d’autre problèmes que la malchance qui cause tant de retard en début de course.

Rendez-vous dans un peu plus d’un mois au Castellet ou, normalement, la météo devrait permettre à la 12 de bien se placer et à la 31 de prendre sa revanche.

Un grand bravo à nos adversaires et amis de la 1, mais cette fois vous avez eu (encore) beaucoup de chance, ça ne durera pas comme ça toute la saison 🙂

Bonne journée à tous