La roue de l’infortune

Bonjour à tous,

Ce weekend s’est déroulé sur le circuit de Magny-Cours la course d’ouverture de la saison 2017 de Lamera Cup.

Comme en Lamera nous ne faisons pas les choses à moitié nous avons débuté cette saison par une course de 24H, ce qui a mis à rude épreuve les autos et les équipes.

Notre équipe se compose toujours de nos 2 autos, la 12 et la 31 et nous avons été rejoints sur cette épreuve par un équipage de Gentlemen dans la 23 que nous avons loué pour l’occasion.

Dans la 12 l’équipage de pointe qui vise le titre est composé de Nicolas Oliveira qui a été rejoint cette saison par Joffrey Dorchy qui fera la saison avec nous, pour cette course nous avons été encore renforcés par Jérémy Sarhy qui avait fait forte impression l’an dernier dans notre équipage Gentlemen. Finalement nous avons aussi enregistré la venue de Frédéric Mallon qui a souhaité rouler avec un équipage ultra compétitif cette année.

La 31 est conduite par un habitué, Julien Froment qui court chez nous depuis nos débuts en 2014, il a été rejoint par une famille de montiliens ou un père souhaite faire partager une saison de course avec ses enfants.

De son coté la 23 permettra à Christophe Héliou, la famille Poilpre et le très rapide Renaldo Da Cuhna de faire leur 2° course de Lamera après des débuts compliqués à Dijon l’an dernier.

Les essais libres se passent correctement, la 23 nous donne quelques soucis car nous l’avons reçu la veille et elle n’a pas pu bénéficier du travail de préparation et de fiabilisation qui permet à la 12 et à la 31 de rouler sans problèmes.

La météo qui va jouer un rôle très important ce weekend commence rapidement a faire des siennes, la piste est très sale, grasse, les pilotes qui sortent dans l’herbe ramènent de la boue et parfois on se croirait au trophée Andros, pour un budget 10X moindre et pour une temps de roulage 50X supérieur tout de même….

La séance de qualifications nous permet de mettre la 12 en 4° position, la 23 rate de peu le top 10 en se classant 11° et la 31 prend une sage 16° place, les autos sont très dures à conduire et la météo changeante ne facilite pas le choix des réglages pour la course car une fois partis il sera compliqué de modifier les réglages du châssis sans perdre beaucoup de temps.

Soudain alors que nous devons aller sur le grille le démarreur de la 12 ne fonctionne plus, encore un coup du sort sur une pièce que nous ne pouvons pas maîtriser.

Nous devons pousser l’auto pour la faire démarrer et nous partirons derniers !!!

Le début de course se passe sans encombres, au bout de 3 heures la 12 à refait ses 30 secondes de retard et pointe son nez en 4° place, la 23 occupe la 1° place en catégorie gentlemen et la 31 se place sur le podium gentlemen.

La nuit tombe, un orage quasi tropical alors qu’il fait à peine 4 degrés vient inonder la piste, les pilotes nous disent qu’il ne s’agit pas de piloter ni même de conduire mais juste de rester sur la piste, nous profitons du durcissement des conditions et des erreurs des autres pilotes pour prendre la tète avec la 12, la 23 est toujours en tête de sa catégorie, la 31 à commis quelques pirouettes et pointe à la 4° place des gentlemen ce qui reste très encourageant pour la suite car les accidents et incidents se poursuivent sur les autres autos.

La 12 se bagarre avec la 67 dans laquelle Wilfried Mérafina fait un relais en mode “cerveau débranché” ce qui lui permet, au prix de risques très importants, de remonter sur nous, il nous passe au moment ou la 32 tape dans la 26 qui part en tête à queue dans un mur, la roue arrière de la 26 casse sur le coup, elle traverse la route, Wilfried parvient à l’éviter de justesse mais Joffrey qui arrive dans la 12 juste 10 mètres derrière la prend en plein centre du capot.

Il rentre, pare choc avant coupé en 2, capot disparu, rampe de phares leds disparue…

Nos mécaniciens font un travail exceptionnel en permettant à l’auto de repartir avec un pare choc neuf, un capot neuf qu’il faut percer pour qu’il rentre dans les fixations et une vérification complète du train avant, le tout en 14 minutes….

Nous avons perdu 6 tours dans la bataille et nous pestons contre cette maudite roue qui nous cause tant de malheur, à 2 secondes près, dans un sens ou dans l’autre ça passait avec une grosse frayeur, mais non, il a fallu que ça tombe pile au milieu de notre auto….

La nuit se termine, la 23 connait quelques problèmes et quelques touchettes mais reste en tête de sa catégorie, la 31 est toujours à l’affût et tourne comme une horloge, les pilotes sont très raisonnables et ne font pas d’erreur et quand le petit matin arrive nous décidons de lancer la 12 à l’attaque, il ne pleut plus depuis 4 heures du matin mais la piste de sèche pas, le matin va un peu améliorer les choses et soudain la 12 commence sa remontée.

4 tours de retard, puis 3, puis 2, puis nous revenons dans le même tour que la 67 qui a passé la nuit à se bagarrer avec la 1 qui prendra un tour de pénalité.

Le petit matin est souvent la période la plus dangereuse, les pilotes pensent, à tort, que le plus dur est fait, relâchent leur attention et c’est à ce moment que les sorties de piste sont les plus fréquentes.

La 23 est heurtée par un attardé qu’elle double, un des pilotes fait une petite erreur et visite un bac à graviers, nous perdons toute notre avance pour nettoyer et quand nous repartons un nouvel attardé provoqué une cassure dans la carrosserie latérale gauche, nous réparons comme nous pouvons et la voiture ressemble de plus en plus à Albator.

Le vent qui s’engouffre dans le pare choc latéral rentre dans l’habitacle et arrache la porte conducteur., les commissaires de piste nous la ramènent, nous la fixons avec du scotch et faisons rentrer le pilote par le coté passager, il repart mais au bout de 45 minutes la porte s’arrache à nouveau et l’équipage décide de ne pas repartir, un fin décevante alors que jusqu’au petit matin l’auto était en tête de sa catégorie…

La 31 connait aussi une fin malheureuse, un des pilotes loupe son freinage, vient taper dans la 38 qui venait de la doubler et qui n’avait rien demandé, la 38 repart mais la 31 à une fixation de chape endommagée et nous ne pouvons pas la réparer, nous remontons le tout avec un bricolage ingénieux qui permettra à l’auto de passer la ligne et de prendre des points bien mérités.

De leur coté les pilotes de la 12 produisent un effort incroyable et remontent vers la tête de la course ou la 67 modifie sa stratégie en refaisant rouler leur pilote de pointe alias “Wil le coyote” qui parvient à maintenir l’écart avec nous, il fera plus de 8 heures dans l’auto ce qui est la limite permise par le règlement.

Nous allons nous lancer dans une bagarre insensée pendant 1 heure pour le record de la piste, la 1 le bat plusieurs fois, nous le rebattons à chaque fois, la 38 vient essayer de le faire mais se fait éjecter de cette lutte sans ménagement, nous revenons à 20 secondes de la 67 quand soudain nous écopons d’un drive through pour être sorti des limites de la piste en essayer d’aller gratter les derniers millièmes de seconde…en plus de cela ils annulent notre tour et nous privent d’un record tu tour que nous avons tenu toute la nuit et une bonne partie du matin, double peine…..

La course se terminera sans plus de péripéties, la pénalité nous à fait retomber à 2 minutes de la 67, nous remontons à 1 minute 30 et espérons qu’un safety car viendrait mettre un peu de folie dans cette fin de course, bien sur les pilotes de la 67 ont sorti l’eau bénite, les gousses d’ail et sacrifient des poulets dans leur stand pour que le safety car ne sorte pas car ils ont peur de notre rush final.

Leurs prières sont exaucées et ils passent la ligne en vainqueurs, nous finissons à 1m32 en ayant perdu 14 minutes pour une réparation causée par une roue vagabonde…..

En tout état de cause nous sommes très satisfaits de la fiabilité de nos autos, après avoir passé du temps dans les essais libres sur la 23 nous avons pu la fiabiliser et toutes nos autos ont eu un comportement irréprochable, ce qui est encourageant pour la suite et ce qui doit inquiéter nos camarades car il n’y aura pas toujours la roue de l’infortune pour nous priver d’une victoire méritée.

Un grand merci aux pilotes qui nous ont fait confiance quand nous leur disions pendant l’hiver que nos autos auraient une fiabilité en béton, un énorme merci à notre équipe de mécaniciens de chocs qui entre 2 photos de canards ont fait un travail incroyable, zéro faute, zéro problème, on gagnera très rapidement tous ensemble.

Il nous reste 6 semaines avant la prochaine course à Spa, nous allons redoubler d’efforts pour que nos autos soient encore plus performantes et nous vous donnons rendez-vous sur un des plus beaux circuits du monde, en espérant que la roue tournera……dans l’autre sens.

Bonne journée à tous.