La grande (dés)illusion

Bonjour à tous,

Ce weekend se tenait sur le circuit de Jarama, au nord de Madrid l’avant dernière manche de la LameraCup 2015.

Comme vous les savez nous sommes arrivés sur place avec un équipage renforcé et des ambitions élevées dans la lutte à distance qui nous oppose aux concurrents de la 25, la 5 et la 19 qui nous précèdent au championnat.

Le moins que l’on puisse dire et que cette fois les événements ne se sont pas déroulés en notre faveur.

La volonté de TTM de profiter des horaires importants de roulage en Espagne et de faire finir une course de nuit tout en permettant aux équipes de repartir assez tôt le dimanche soir nous à conduit à un timing assez particulier puisque nous n’avons eu que 2 heures d’essais libres pour découvrir une piste sur laquelle pratiquement personne n’a jamais roulé auparavant.

Avec nos 4 pilotes en comptant les passages au stands et tentatives de réglages cela s’est avéré loin d’être suffisant et l’auto était fort mal réglée pour les essais chronos.

L’équipage de la 25 de chez tech drive qui a pu rouler à Dijon la semaine passée est arrivé bien mieux préparé que nous et ils ont signé une pole, la 5 de chez Ohres a signé l’autre pole, nous voila donc avec 30 points de retard en plus sur 2 de nos 3 rivaux avant le départ de la course du Samedi qui se déroulera de 14 à 21 heures.

Nous prenons un départ prudent comme chaque fois et nous nous retrouvons 4° après 2h de course sans incident, les pilotes se plaignent de coupures moteur que nous attribuons à la pompe à essence, le châssis n’est pas optimal non plus même si un réglage à l’aveugle avant le départ de la course (et donc pas validé) améliore quelque peu la situation.

Au fil de la course les coupures moteur se font de plus en plus fréquentes, Christophe hurle quand il déboîte et double un concurrent au début de la ligne droite pour le voir repasser pendant que notre moteur est en panne pendant 2 secondes.

A 2 heures de la fin de la course, alors que la nuit tombe et que finalement les phares marchent (TTM à identifié un mauvais brochage dans les faisceaux électriques fournis par un sous-traitant qui faisait qu’un seul phare marchait sur les 2) nous sommes toutefois toujours 4°, en remontée sur la 3° place.

Nos 3 pilotes de pointe enchaînent les tours rapides et Chris qui est un peu en retrait assure un train stable sans faire de faute et en regardant les voitures TTM visiter les bacs a gravier avec une régularité presque Suisse.

Bien évidemment quand les pilotes arrivent a sortir des bacs par leur propres moyens ils laissent des cailloux de partout et comme au Val de Vienne un de ces cailloux (peut être roc, peut être gravillon) vient nous percer le soufflet de roue gauche, au prochain ravitaillement nous voyons de la fumée sortir et l’odeur typique nous fait rentrer l’auto de suite dans le stand pour changer la transmission.

A ce moment la nous décidons de changer également la pompe à essence pour tenter d’éliminer ces coupures moteurs dont se plaignent les pilotes….mauvaise idée.

Notre pompe de rechange ne part pas, la 2° est branchée à l’envers, le système fuit, enfin bon bref une catastrophe et nous repartons 30 minutes plus tard, en 14° position, la belle remontée jusqu’à la 11° place ne changera rien à la frustration et à l’envie d’avoir une franche conversation avec le fabriquant des pompes à essence et le fabriquant du faisceau électrique qui nous causent tant de soucis depuis tant de temps, nous pourrions sans doute inclure nos amis de chez Tech-Drive et de chez Ohres qui ont eu quelques soucis de pompes par le passé…

La course se termine sur un imbroglio car une pénalité appliquée à la 25 pour un ravitaillement trop court serait en fait due à une autre auto, la 19 qui était 4° mais qui se retrouve 3° à un équipage qui ne vient pas sur le podium, quelle animation…Aux dernières nouvelles la 25 à fait appel de la décision des commissaires et cela sera jugé par la fédération espagnole dans plusieurs semaines, lorsque le championnat sera terminé.

Autant vous dire que la soirée de Samedi est placée sous le signe de la frustration, nous démontons le faisceau qui alimente la pompe à essence, trouvons une mauvaise connexion et dans la foulée nous trouvons une mauvaise connexion sur notre partie du faisceau, nous remontons le tout en nous disant que le Dimanche ira mieux.

Le Dimanche sera différent, mais semblable…

Le matin la pluie à fait son apparition pendant la nuit, la piste de Jarama est vieille, le goudron est séché par le soleil et les camions qui couraient la semaine précédente ont, comme à leur habitude, laissé de l’huile, du diesel, de la graisse….le tout remonte à la surface à la première pluie et la piste est une patinoire au moment du départ.

Le départ est donné sous safety car, 4 tours pour que chacun puisse prendre ses marques mais cela ne suffit pas, au moment du départ, après seulement 3 virages la 19 qui joue le titre se met au bac, safety car à nouveau…

De notre coté ces maudites coupures d’essence sont toujours la malgré le travail de la veille et nous décidons de ne plus toucher, ni même regarder les pompes à essence tant l’envie de les faire manger au fournisseur est grande…

La pluie se calme, nous remontons de la 13° à la 4° place, chacun prend ses relais et notre progression est constante quand soudain notre essuie glace tombe en panne au moment ou le déluge s’abat sur le circuit…quand ça veut pas…

Nous ne tentons même pas de réparer ou de modifier, chargeons le pare brise de rain-x autant que possible en renvoyons nos pilotes à plus de 200, sous la pluie, sans essuie glace avec des coupures moteur, conditions IDEALES.

Les pilotes font un travail magnifique en restant à la 4° place, nous perdons bien sur du temps sur la 6 qui nous précède mais un safety car qui tombe à point nommé nous permet de recoller et à 35 minutes de la fin Christophe remonte sur la 6, 10 secondes, 8, 6, 4, 2, 0 !!! Et soudain il ne passe plus !!! Nous le voyons rentrer 3 minutes plus tard, fond plat arrière arraché et replié sous l’auto par un passage dans le bac à gravier, ils nous expliquera qu’il est allé mordre d’à peine 1m dans le bac au freinage quand il a tenté de doubler la 6.

Sans essuie glace et avec des coupures moteur il est plus facile de faire une faute.

Nos mécaniciens aidés par ceux de TTM enlèvent le font plat, un banquier de passage dans le stand nous aide en aspirant les cailloux qui restent dans l’auto, nous repartons et finissons 13° après que Chris se fasse piéger lui aussi à 4 minutes de la fin et aille visiter un bac à gravier.

Bilan des opérations : Le titre que nous pouvions envisager en arrivant s’est définitivement envolé, cela se jouera entre la 25, la 19 et la 5 ce qui est logique au vu de leur performance tout au long de l’année, à noter que ces 3 voitures sont chacune d’une écurie différente, ce qui prouve l’homogénéité de la LameraCup et nous comptons bien venir nous frotter à eux dès l’an prochain.

En attendant nous allons tout donner pour gagner à Dijon et peut être nous assurer une place sur le podium général de la saison ce qui serait un exploit pour notre jeune équipe dont les moyens financiers et techniques sont difficilement comparables à ceux de Tech-Drive, Ohres ou encore ETC.

Bonne journée à tous