Colère Positive

Bonjour à tous,

Ce weekend se tenait à Barcelone la manche d’ouverture de la Lamera Cup 2016.

Suite à la destruction de 12 voitures lors de l’incendie des ateliers TTM beaucoup de rumeurs ont circulé ces derniers temps sur la fin du championnat, sans doute propagées par des personnes envieuses du développement de cette formule qui offre un rapport qualité prix imbattable en proposant un temps de conduite important dans un véhicule performant pour un budget maîtrisé.

Et bien nous pouvons dire que le succès reste au rendez-vous de la Lamera Cup puisque pas moins de 21 voitures étaient présentes à Barcelone pour cette première course, si l’on se base sur le fait que l’an dernier pour la manche d’ouverture à Navarra nous étions 22 et que 12 voitures n’ont pas encore pu être reconstruites nous pouvons être optimistes pour la suite de la saison.

Cette saison H-Racing engage 2 autos, la 31 et sa petite sœur la 12, fidèles à notre objectif de départ nous comptons sur la 31 pour viser le titre et faire profiter les pilotes de la 12 de l’expérience acquise sur la 31 pour progresser encore plus vite.

Le planning de course étant très serré nous ne disposons le samedi que de 1h45 d’essais libres avant les essais chronos puis une course de 4h.

Du coté de la 31 les 3 pilotes très expérimentés qui composent notre équipage, à savoir, Nicolas Oliveira, Olivier Thévenin et Philippe Marie, n’ont besoin que de quelques tours pour découvrir la piste sur laquelle personne n’avait jamais roulé avant.

L’auto répond aux quelques réglages que nous faisons et un compromis est trouvé sur la direction à prendre.

Dans la 12, en plus de l’équipage qui va faire la saison et composé de Jean-Christophe Rey et de Eric Bucaille nous accueillons pour cette course 2 pilotes allemands; André Bruckmann qui effectue sa première course et qui aura la chance d’être soutenu et coaché pendant tout le weekend par Ellen Lohr qui revient faire une course (et peut être plus) chez H-Racing.

Jean-Christophe et Eric ont participé à une journée de roulage fin Mars sur ce circuit et retrouvent leurs marques assez rapidement, André fait quelques tours en passager avec Ellen dans la 12 et avec Nicolas dans la 31 pour découvrir le circuit et se lance également sans problèmes.

Les autos fonctionnent correctement, les chronos se passent sans histoire, la 31 se classe 2 fois P2 et la 12 termine P10 et P8.

Nous préparons la course de 4h du samedi après-midi qui démarre sous un beau ciel bleu espagnol, ca ne durera pas…

Au départ les “furieux” habituels passent devant la 31, nous attendons calmement le premier relais et entamons notre remontée habituelle, 6, 5, 4 puis 3 quand soudain la pluie commence à tomber.

Autant quand il fait beau en Espagne, il y fait beau, mais quand il n’y fait pas beau….un véritable déluge s’abat sur le circuit, au bout de 5 minutes de pluie le safety car sort car une voiture est partie en toupie, la direction de course prend la décision de bloquer la course sous safety pendant 40 interminables minutes avant de nous relâcher.

A ce moment la de la course nous sommes 3°, à 10s de la tête et tout va bien pour la 31, la 12 suit son rythme tranquille en naviguant à la 8° place et remonte tranquillement en profitant des erreurs des équipes concurrentes qui vont certes très vite, mais pas toujours très loin.

Soudain la 31 rentre au stand, boite bloquée en 2°, nous nous précipitons, changeons le faisceau qui relie le volant au faisceau principal, rien de mieux, nous changeons la powerbox qui génère l’impulsion électrique qui actionne le vérin de boite, ça marche….nous repartons !!!!

La boite se rebloque, cette fois en 1°, nouvelle powerbox, ça repart, la boite se bloque à nouveau en 6, nouvelle intervention express de nos mécaniciens et nous repartons finalement….P17

Nous sommes une fois de plus trahis par le système électronique de l’auto et nous louons la prudence des techniciens de XAP qui ont décidé de ne pas venir sur cette course car quelques noms d’oiseaux auraient fusé à leur encontre…

La 31 entame sa remontée, la pluie revient, encore plus fort, dans la 12 après des relais sans problèmes André prend le volant au plus fort de l’orage, rate un freinage et passe dans un bac a graviers, il rentre, nous nettoyons et repartons en ayant perdu 15 minutes.

La fin de la course approche, la 31 est remontée en 13° place, la 12 est 8°, la pédale de freins se ramollit dans la 12 et nous sommes inquiets à ce sujet mais tout ira sans encombre.

La course se termine alors que la piste sèche sur ces positions, nous regardons le classement et constatons que la 12 qui a perdu 6 tours lors du nettoyage termine à 5 tours de la tête, André est très déçu car il prive sans doute ses coéquipiers et lui même d’une victoire au général mais tout le monde fait des erreurs et il faut juste éviter de les répéter.

Le lendemain midi nous repartons pour une course de 7h qui se déroulera entièrement sur le sec.

Un des problèmes rencontrés ce weekend a été le déroulement des ravitaillements, la direction du circuit ayant décidé que les ravitaillements en essence ne se feraient pas devant le box de chaque auto comme couramment pratiqué en Lamera Cup depuis maintenant 4 ans sans jamais aucun problème, mais dans une zone spéciale, à l’entrée des stands au motif que “les autres courses d’endurance le font la bas, ici c’est un circuit de F1, nous sommes des vrais pros”.

La seule variable commodément ignorée par les espagnols est que nos courses d’endurance ont un système de ravitaillement par fenêtre et que toutes les 35 minutes les 20 voitures doivent remettre de l’essence dans un laps de temps de 10 minutes.

Si sur le papier et pour quelqu’un qui ne connait pas nos courses cela peut sembler une bonne idée; la pratique a été désastreuse, la zone en question n’offre aucune protection contre le soleil ou la pluie, elle pouvait accueillir environ 8 voitures (sur un total de 20 en course) et les pauvres mécanos sur place ont eu bien du mal.

Malgré les nombreuses tentatives de la part des équipes et ensuite de TTM la direction du circuit est restée inflexible, le parfum de la F1 doit sans doute enivrer quelques esprits locaux…

Le 2° problème général et qui nous a touchés en particulier est venu du fait que visiblement il doit y avoir une pénurie de tissu bleu dans toute la catalogne car tout au long du weekend nous n’avons vu AUCUN drapeau bleu signalant aux gentlemen drivers qu’une voiture plus rapide allait les rattraper.

Mais revenons au départ de la course, pour la 12 Ellen prend un départ sage en ne gagnant que 2 positions, visiblement les départ lancés sont plus son affaire que celle d’Olivier dans la 31 qui perd lui 4 places, au bout d’une heure la situation est rentrée dans l’ordre, la 12 est stable à la 7° place et la 31 oscille entre la 2° et la 3° place en fonction du temps que nous perdons sur les ravitaillements.

Quelques safety car viennent resserrer le plateau, la 31 est à 5s de la tete de la course, la 12 passe 6°, les relais s’enchaînent, la 12 creuse l’écart tour après tour sur la 13 dans laquelle les anciens coéquipiers de Jean-Christophe et Eric ne veulent pas se faire battre par ceux avec qui ils roulaient l’an dernier, la 31 rattrape la 1 au rythme insupportable de 0.4-0.6s par tour, on assiste a une course d’endurance…de sprint !

Puis tout s’accélère, la 12 passe 5° suite aux problèmes de la 24 et de la 27, nous faisons un ravitaillement éclair sur la 31 et sortons des stands en 1.59.6 alors que la limite inférieure est de 2 minutes, stop and go, 40 secondes de perdues, Olivier enrage dans l’auto et commence a pulvériser les temps de référence, nous reprenons 1s sur la tête par tour, un safety car vient opportunément nous rapprocher à 10s de la tete à 2h de la fin et nous nous préparons pour la bataille finale.

La 12 prend un tour à la 13, la 5° place semble assurée de ce coté, la 4° place est hors de portée et l’équipage bascule en mode “défense”, nous regardons derrière au lieu de regarder devant.

Dans la 31 soudain Philippe appelle le stand à la radio, boite bloquée en 2 !!! Nous essayons de lui donner toutes les solutions possibles, bouger le faisceau volant, déplacer le connecteur, à bout d’options il décide de couper le moteur et de le relancer, ça repart et la boite fonctionne parfaitement, encore merci XAP pour 45 secondes perdues !!!

Nouveau safety car qui nous permet de recoller mais nous avons été dépassés par la 19, Philippe est à 8s de la 19 et lui prend 1s par tour, tout va bien, il nous annonce à la radio avoir touché la 29 en lui prenant un 8° (ou peut être 10° tour), nous repassons P2 quand à 30s de la fin de la course nous sommes informés d’une pénalité de 15s pour avoir causé une collision avec la 29 !

S’ensuit une explication musclée en direction de course, face à nos remarques sur l’absence TOTALE de drapeaux bleus on nous répond que “on va s’en occuper”, mais il aurait été BEAUCOUP plus judicieux de s’en occuper à partir du début de la course et pas à 30 minutes de la fin d’une course de 7h !!!

Bien sur le pilote de la 29 à qui nous reprenions 8s par tour à beau jeu de dire “j’étais devant, sur ma ligne”, mais quand les voitures de tête se battent à coup de 1/10e de seconde pendant plus de 5 heures et qu’un attardé qui perd 8s par tout vient vous dire ca, certaines envies de violence sont difficiles à réprimer. En plus après quelques recherches il apparaît qu’il n’en est pas à son coup d’essai dans le mode “je referme devant un gars qui me prend 8 secondes au tour”…

Bien sur l’équipe de la 29 fait son travail en allant protester contre nous auprès de la direction de course mais il est choquant que la situation ne soit pas vue sous son vrai jour, à savoir une voiture qui se bat pour la gagne et qui ne peut pas perdre du temps derrière un pilote qui sait qu’il est BEAUCOUP plus lent mais qui reste sur la trajectoire comme s’il jouait autre chose que la 17° place sur 20.

Bien sur vu qu’un directeur de course est encore plus têtu qu’un directeur de circuit catalan la pénalité est maintenue, nous repassons 3° à 40 secondes de la 19, nous remonterons jusqu’à 30s mais nous ne pouvons pas faire mieux.

De son coté la 12 termine à une fort belle 5° place, dans l’ensemble avoir les 2 voitures en 3° et 5° place est un très bon résultat mais la colère de se sentir injustement privés d’une victoire qui nous tendait les bras est très forte.

Nous allons utiliser cette énergie pour préparer nos autos pour la prochaine manche à Nogaro dans 1 mois et nous prendrons notre revanche.

Bravo à l’équipage de la 25 de chez Tech-Drive qui est devenue la 1, ils ont fait une splendide course en commettant très peu de fautes, nous en avons trop fait, certaines moins réelles que d’autres mais cela n’a pas suffi pour nous.

A bientot