Blagues Belges

Bonjour à tous,

Nous venons juste de rentrer d’un weekend fort riche en émotions, positives et négatives, mais commençons par le commencement.

Le circuit de Spa-Francorchamps est situé au milieu des Ardennes Belges, donc en bref ca monte et ca descend tous les 3 kilomètres, c’est un pays ou il ne fait pas bon se déplacer en vélo.

En plus de cela la météo est souvent (entendez tout le temps) imprévisible et capricieuse, comme disent les belges “On a le chauffage central dans le ciel, en hiver il pleut de l’eau froide et l’été il pleut de l’eau chaude”.

Vu le tarif de location du circuit TTM à décidé de partager l’utilisation du circuit avec les Anglais de la Caterham, leurs 200 voitures dans 5 catégories en 3 courses avec départ arrêté….une formule anglaise en quelque sorte….

Nous arrivons sans encombre jeudi soir mais notre nouveau camion ne passe pas sous le tunnel d’entrée au circuit, qu’a cela ne tienne, notre pilote de camion, Jean, va rouler sur le circuit pour accéder au paddock, il en garde un très bon souvenir pour ses grands débuts avec nous…

Le vendredi matin les pilotes sont prêts dans les 3 autos pour découvrir la piste et les tours s’enchaînent.

Dans la 31 le moteur ne donne pas satisfaction, nous essayons de localiser la cause du problème aléatoire qui embête les pilotes, en vain, le moteur fonctionne pendant 3-4 tours, puis se dégrade, mystère…

Du coté de la 16 Bruno est retenu par un problème professionnel (après tout nous sommes le vendredi) Renaldo en Andrea enchaînent les tours, nous commençons à tenter des réglages de plus en plus affinés mais l’auto n’a pas un comportement sain, le châssis semble être posé sur une boule et à beaucoup trop de mouvements. Etant donné que nous l’avons recue pour cette course nous vérifions tous les serrages qui sont bons…mystère numéro 2.

Par contre dans la 12 les 2 jeunes et le moins jeune enchaînent les tours sans problèmes, la direction assistée reste capricieuse, TTM doit nous fournir des connecteurs car pour le moment le calculateur est en mode “opération a cœur ouvert” avec les fils soudés directement dedans. Malgré ces petits soucis les temps sont bons.

A la fin des essais libres nos voitures sont P1 en élite avec la 12, P1 en Pro-Am avec la 16 et P3 en Gentleman avec la 31, tout va bien.

Le lendemain matin durant les essais chronos les pilotes de la 12 montrent leur talent en établissant les 2 poles avec 4 secondes d’avance sur les suivants en temps cumulé, la 16 décroche la pole en Pro-AM et la 31 qui revoit surgir des problèmes de moteur alors que nous avons changé le potentiomètre d’accélérateur est plus loin dans le classement.

Soudain les blagues belges commencent, TOUS les tours de la 12 lors de la première session de la première qualification sont annulés !!!

Par chance pour nous l’organisateur a installé dans notre auto une caméra, ils va donc nous être facile de prouver qu’il s’agit d’une erreur….pas en Belgique.

Notre directeur de course permanent qui nous connait bien est malheureusement soumis à l’autorité d’un directeur d’épreuve local qui ne connait ni la série, ni les participants et qui fait preuve d’une arrogance sans fin en refusant de nous montrer les vidéos du circuit qui seraient sensées prouver que notre auto à coupé la ligne, comble de la mauvaise foi digne des officiels des meilleures catégories de la FIA il refuse même de regarder notre vidéo qui prouve pourtant clairement que ce qu’il prétend est faux.

La 12 partira donc en dernière ligne alors que ses pilotes sont clairement au dessus de tous les autres.

Certains esprits mesquins dans le paddock se réjouiront de nos mésaventures, mais quand on est content de gagner parce que les autres sont injustement pénalisé, cela démontre juste le peu de valeur morale de certaines personnes.

Le départ de la course se passera sans encombres, mais bientôt les pénalités commencent à tomber sans distinction pour des franchissements de ligne de course, nos jeunes pilotes qui veulent mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu sont trop agressifs et se font prendre ce qui nous cause des drive through et des stop and go.

La 16 à finalement vu arriver Bruno la veille au soir tard et roule sans accroc, le phénomène de la boule sous le châssis est toujours présent et nous sommes frustrés de ne pas pouvoir solutionner ce problème qui irrite les pilotes.

De son coté la 31 subit des problèmes moteurs de plus en plus intenses, nous rentrons l’auto, remplaçons les bougies, cela fonctionne mieux mais au bout de quelques tours le problème revient, les pilotes terminent la course, nous nous plongeons dans l’examen des données télémétriques et nous détectons un problème de pompe à essence, nous la remplaçons et espérons que les pilotes pourront enfin défendre leurs chances correctement après cette journée frustrante.

La 12 termine sa remontée permanente en 5° place, le trop grand nombre de pénalités ne nous permet pas de viser mieux, un débriefing entre pilotes permet de remettre tout à plat et d’envisager la journée du dimanche avec optimisme car nous partons en pole, les dieux de la direction de course n’ont pas osé nous annuler injustement une 2° pole.

Les pilotes de la 16 sont déçus par le comportement de leur auto, nous lâchons notre équipe de mécanos de choc qui commencent a sauter sur l’auto en écoutant le bruit des amortisseurs, l’un d’entre eux fait un bruit qui nous indique une zone morte à l’intérieur, nous avons identifié le problème mais maintenant il faut le résoudre….1 heure plus tard et après avoir demandé à tout le monde nous devons nous rendre à l’évidence, il n’y a pas d’amortisseur disponible pour tester notre théorie.

Bruno discute avec Renaldo et Andréa et ils décident de rouler comme ça le lendemain, nous allons essayer de minimiser le problème en modifiant la hauteur de caisse, nous profitons de la soirée pour installer une direction assistée fonctionnelle car le modèle d’origine de l’auto est défectueux.

Le lendemain matin après installation de nouveaux supports de pompe à essence pour mettre nos autos en conformité nous sommes prêts au départ, en attendant les anglais et leurs Caterham se disputent (version polie) ou plus exactement se mettent des peignées sauvages à base de coup de roues dans la raidillon, vendeur de pièces de suspension de Caterham doit être un métier porteur en Angleterre….

Nous sommes prêts au départ, Joffrey part en pole dans la 12, Gérard dans la 31 et Bruno dans la 16 sont prêts, la course est lancée et avant la fin du premier tour Joffrey prend un stop and go pour départ volé….depuis la pole….nous allons demander des explications et nous constatons que Joffrey n’a pas respecté les consignes du briefing en accélérant plus tôt que prévu, c’est sévère mais c’est juste.

Nous voila donc derniers après le 1° tour, comme hier…

La 31 fait un début de course très sérieux, tout fonctionne parfaitement dans l’auto, le potentiomètre d’accélérateur, les bougies et la pompe a essence étaient bien en panne et une fois tout ça changé l’auto est parfaite et les pilotes se régalent.

Soudain un Safety Car fait son apparition et Julien dans la 31 nous informe que la 16 est dans le mur, Bruno regarde anxieusement la télé car son fils Andréa conduisait l’auto et tout le monde est soulagé de le voir sortir de l’auto qui revient sur la dépanneuse 15 minutes plus tard, Andréa nous explique qu’il a fait l’extérieur à la 42 de chez TTM conduite par un amateur qui a eu l’idée de génie de s’écarter au moment ou la 16 le passe, Andréa s’est écarté encore plus, a fini par mettre les 2 roues arrières sur l’herbe et à fini dans le mur.

L’avant de l’auto n’existe plus, le faux châssis est tordu et les pilotes décident d’en rester la, dommage mais la 16 ne verra pas la ligne d’arrivée, nous allons faire réviser les amortisseurs et nous allons revenir plus forts pour la prochaine course.

La 31 fait une course parfaite, les pilotes sont contents de leur auto et ils suivent parfaitement nos recommandations de prudence sur ce circuit qui ne pardonne aucun écart, ils sont en embuscade dans leur catégorie, 5°, puis 4°, puis 3° et ils vont finir 2°, une belle récompense pour cet équipage familial qui en est seulement à sa 2° course.
La joie de Gérard qui finit la course en qui saute dans les bras de ses enfants fait plaisir a voir et réconforte tout le monde car la fin de la course de la 12 ne s’est pas passée comme prévu.

Après le départ compliqué l’auto remonte, malgré encore quelques pénalités évitables nous sommes rapidement 10°, puis 8, 6, 5, 4 et même 3° quand à une heure de la fin de la course le pilote de la 29 que Jérémy vient de doubler oublie de freiner à la source, il enfonce l’arrière droit de notre auto, tord le châssis, nous perdrons 40 minutes à réparer suite à l’interdiction données par les commissaires belges de souder une chape fissurée dans le stand.
Nous passons outre et soudons quand même pour apprendre 5 minutes plus tard qui finalement l’interdiction de souder dans les stands à été levée le matin mais les commissaires techniques n’ont pas été prévenus, une fois de plus l’organisation sportive belge est prise en flagrant délit d’incompétence, les pauvres commissaires techniques qui sont dans les stands sont laissés à l’abandon par leur hiérarchie bien au chaud en direction de course.

A noter également que le circuit n’a pas été en mesure de fournir un radar aux commissaires techniques qui doivent contrôler la vitesse en sortie des stands, les pilotes voient bien que personne ne mesure rien et passent de plus en plus vite, il y aura même un accrochage dans les stands quand le mécano de la 18 la lâche sans regarder (vu qu’il a le dos tourné) si une voiture arrive et la 49 qui arrive fait un tête à queue qui manque de faucher ses mécaniciens qui l’attendent pour le ravitaillement. La 49 repart en laissant 80 mètres de pneus et passe en drift à 1m de nos mécaniciens, le tout causé par le laxisme de la part de l’organisation technique du circuit.

Une fois la réparation faite, la 12 repart 25° et finira 20°, encore une course frustrante car nous avions clairement l’équipage le plus homogène et le plus rapide mais la jeunesse n’a pas su garder le calme de Nicolas, notre vieux briscard qui s’est arraché les cheveux (il en a BEAUCOUP d’avance) en voyant les pénalités s’accumuler.

A noter que contrairement à la direction technique désastreuse, la partie “commerciale” du circuit nous a montré ce qu’est une organisation professionnelle de top niveau, des gens attentifs, qui répondent aux demandes et attentes des équipes et qui permettront à Jean de reprendre le circuit pour sortir, cette fois à l’envers !!!

Nous allons rouler sur le circuit du Castellet dans 10 jours pour faire découvrir nos autos à des nouveaux clients, d’ici la le châssis de la 12 va s’offrir une cure de jouvence chez Mygale à Magny-Cours que nous remercions au passage pour la modification de planning qui nous permet de faire réparer notre châssis
très rapidement.

Bonne journée à tous